« La GéCi a décidé de ne pas participer à ce scrutin » Fodé Mohamed Soumah

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À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, la Guinée fait face à un contexte électoral délicat. Alors que la nouvelle Constitution et le Code électoral ont été adoptés, plusieurs interrogations persistent, notamment sur l’absence de mise en place de l’organe indépendant de gestion des élections. Le ministère de l’Administration du territoire reste en charge du processus, suscitant des critiques sur la crédibilité du scrutin.

Dans une interview accordée à nos confrères de Mosaiqueguinee, le président du parti Génération Citoyenne (GéCi), Fodé Mohamed Soumah, a dénoncé les failles et alerté sur les risques que cette situation fait peser sur la démocratie. Il estime que la Guinée n’avait pas besoin d’une nouvelle Constitution, et qu’il aurait suffi d’amender celle de 2010 et de mettre à jour les listes électorales. Selon lui, la rédaction d’un texte entièrement nouveau a mobilisé des ressources importantes et créé des contradictions avec le Code électoral, fragilisant le cadre légal des élections.

Fodé Mohamed Soumah critique également l’argument d’ouverture démocratique avancé par certains proches du pouvoir, soulignant que la Constitution doit concerner l’ensemble de la nation, et non une minorité ou des intérêts partisans. Le Code électoral, selon lui, traduit une logique d’improvisation et de contrôle politique, notamment à travers des dispositions comme les parrainages par des non-élus, qui peuvent transformer le scrutin en une élection de façade.

Le président de la GéCi attire l’attention sur le retard dans la mise en place de l’organe indépendant de gestion des élections, qu’il considère comme une violation de la Constitution. Selon lui, la crédibilité du scrutin est aujourd’hui compromise, et certains acteurs politiques suggèrent déjà un report en 2026 pour garantir un processus transparent.

Concernant la décision du général Mamadi Doumbouya de se porter candidat, Soumah indique que ce choix n’est pas surprenant : il traduit la dynamique classique d’une transition prolongée, où les autorités cherchent à maintenir le pouvoir, sécuriser leurs proches et exercer une pression sur l’opposition. Cette situation pourrait renforcer le climat de méfiance et d’instabilité dans le pays.

Le président de la GéCi évoque également la situation socioéconomique préoccupante : pauvreté croissante, tensions sociales, justice inéquitable et insécurité. Pour lui, les erreurs politiques répétées ont un coût élevé et doivent servir de leçon. Dans ce contexte, la GéCi a choisi de ne pas participer à la présidentielle, préférant se concentrer sur l’avenir et la préparation des prochaines échéances électorales.

Fodé Mohamed Soumah appelle la classe politique et la population à la vigilance et à la responsabilité : « Les règles du jeu sont biaisées, et il n’y aura pas de second tour. Les citoyens doivent rester attentifs et préparer l’avenir de manière stratégique ». La priorité, selon lui, reste la construction d’une Guinée stable, juste et prospère, où la cohésion nationale et le développement social et économique prévalent sur les ambitions individuelles.

Par Madiba Kaba 

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