La suspension du magistrat Kaman Gogana suscite une vive polémique en Guinée. L’Association des Magistrats de Guinée (AMG) a dénoncé, dans un communiqué officiel, la publication sur la page Facebook du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme de l’arrêté le concernant, estimant que cette communication constitue une violation des procédures légales en vigueur.
Selon l’AMG, dirigée par Ibrahima Sory 2 Tounkara, si le Garde des Sceaux détient effectivement le pouvoir de suspendre un magistrat poursuivi conformément à l’article 38 de la loi organique n°054/CNT/2013, cette suspension ne doit en aucun cas être rendue publique et n’affecte pas le traitement du magistrat, comme le stipule l’article 39 de la même loi.
Pour l’association, la publication de l’arrêté sur les réseaux sociaux est une atteinte aux valeurs fondamentales de la magistrature. Elle souligne que cette démarche pourrait porter atteinte à la réputation et à la carrière de Kaman Gogana, tout en remettant en question la présomption d’intégrité qui lui est due.
L’AMG invite donc les autorités compétentes, mais aussi la communauté nationale et internationale, à veiller au strict respect des procédures légales et des principes républicains dans le traitement des affaires disciplinaires des magistrats.
Cette affaire relance le débat sur la communication des décisions judiciaires et sur le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion d’informations sensibles, soulevant des interrogations sur le respect des droits et de la dignité des magistrats en Guinée.
Par Madiba Kaba





