C’est un scandale silencieux qui prend de l’ampleur. Alors que 25 milliards de francs guinéens ont été officiellement décaissés pour construire et équiper un abattoir moderne à Kagbelen, le site, lui, reste désespérément vide. Aucun équipement, aucun progrès visible, juste un chantier fantôme qui embarrasse aujourd’hui les autorités.
Selon les révélations faites lors de la plénière du Conseil National de Transition (CNT), les fonds destinés au projet ont bel et bien été réceptionnés par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Pourtant, un an après la date de livraison initialement fixée à décembre 2024, les installations sont loin d’être prêtes.
Où sont passés les 25 milliards ?
C’est la question qui agite désormais les couloirs institutionnels. Le CNT s’interroge sur l’utilisation réelle du financement, alors que le terrain – censé abriter un complexe moderne garantissant hygiène, traçabilité et sécurité sanitaire – demeure à l’abandon.
Des conseillers nationaux parlent d’un « manque de suivi », « opacité totale » et même d’un risque de détournement masqué derrière des justifications administratives qui ne convainquent plus personne.
Un projet vital transformé en mirage
L’abattoir devait :
- assurer un abattage contrôlé et hygiénique,
- créer des emplois directs pour les jeunes de Dubréka,
- renforcer les recettes et la traçabilité du secteur viande,
- réduire les abattages clandestins.
Aujourd’hui, c’est tout un secteur stratégique qui reste en suspens, tandis que la population s’interroge sur ce gaspillage monumental.
Le CNT demande l’arbitrage du Premier ministre
Face à l’ampleur du retard et aux zones d’ombre dans la gestion du projet, le CNT réclame désormais une intervention directe du Premier ministre Bah Oury, pour exiger des comptes et relancer les travaux avant fin 2025.
L’affaire prend les allures d’un nouveau scandale financier, révélateur des failles de gouvernance et du manque de rigueur dans l’exécution de certains projets publics.
Si rien n’est fait rapidement, l’abattoir moderne de Kagbelen pourrait bien rester comme l’un des plus gros fiascos budgétaires récents.
Par Madiba Kaba





