La nouvelle de l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela, ayant conduit ce 3 janvier à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, a suscité une onde de choc sur la scène internationale. En France, la réaction la plus véhémente est venue de la gauche radicale, à travers son leader historique, Jean-Luc Mélenchon.
Le fondateur de La France Insoumise a immédiatement condamné avec force cette opération, y voyant une nouvelle manifestation de l’« impérialisme américain ». Dans une déclaration virulente, l’ancien candidat à la présidentielle a fustigé une ingérence dont les motivations réelles seraient, selon lui, avant tout économiques et géopolitiques. « Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas la lutte contre le narcotrafic ou la défense de la démocratie, mais un contrôle direct sur les ressources naturelles du Venezuela », a-t-il affirmé, faisant explicitement référence aux immenses réserves de pétrole du pays, les premières au monde.
Au-delà de sa charge contre Washington, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué la réaction jugée trop timorée de la France et de l’Union européenne. Il a exprimé sa « déception » face à l’absence, à ce stade, d’une condamnation claire de la part du président français et de son ministre des Affaires étrangères. « Pourquoi cette servilité européenne ? Pourquoi cette absence de fermeté face à l’Empire ? », s’est-il interrogé, appelant à une politique étrangère française plus indépendante et moins alignée sur les intérêts américains.
Le leader insoumis a placé son réquisitoire sur le terrain du droit international et du principe de souveraineté nationale. Il estime que cette intervention militaire constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, qui interdit l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État. « Il n’existe pas de “bon empire” », a-t-il martelé, soulignant que le respect de la souveraineté du Venezuela devait primer, quelle que soit l’opinion que l’on porte sur le gouvernement Maduro. « Ce qui est mauvais, c’est le vol des ressources nationales d’un pays sous prétexte de raisons humanitaires », a-t-il ajouté.
Mélenchon a replacé cet événement dans un contexte plus large de regain d’influence américaine en Amérique latine, une dynamique qu’il observe avec inquiétude depuis plusieurs années. Il a rappelé que d’autres pays de la région, comme le Mexique, la Colombie ou le Brésil, subissaient également des pressions politiques et une présence militaire américaine croissante. Il a finalement exprimé sa solidarité avec le peuple vénézuélien et ce qu’il considère comme son « gouvernement légitime », appelant à une défense ferme des principes de souveraineté et de droit international par la communauté internationale.
Par Madiba Kaba




