On parle beaucoup des réussites. Beaucoup moins du chemin qui y mène.
Ce chemin, pour Rokia Kaba, a traversé le feu. Littéralement.
En avril 2023, lorsque le Grand marché de Conakry est ravagé par les flammes, elle perd tout. Six boutiques parties en fumée. Des années de travail réduites à néant. Un choc brutal, presque assommant. L’équivalent d’un coup de massue.
Le choc a été terrible. Pourtant, quelque chose en elle a tenu bon. On aurait pu comprendre qu’elle baisse les bras, qu’elle se laisse submerger par la douleur. Mais non. Face aux cendres, Rokia Kaba s’est relevée. Pas immédiatement, bien sûr. Mais avec cette conviction simple et forte : on ne mesure pas une perte à l’argent qu’elle représente, mais aux vies qu’elle bouleverse.
Sa première pensée n’a pas été pour son bilan comptable. Elle a été pour les familles qui comptaient sur elle, pour les emplois menacés, pour le réseau qu’elle avait patiemment bâti. Ce réflexe en dit long sur la femme.
Voilà le genre de dirigeante qu’elle est. À la tête de Kimus Sarl, elle n’a jamais considéré l’entrepreneuriat comme une aventure solitaire. Pour elle, c’est une œuvre collective. Même lorsque le sol se dérobe, elle continue de croire au travail d’équipe, à l’effort partagé, à la responsabilité sociale.
C’est cette même vision qui l’anime aujourd’hui à la présidence du Réseau des Femmes de Guinée pour un Développement Intégré. Son combat personnel a pris une dimension plus large. Il est désormais celui de toutes les femmes qui refusent la fatalité, qui veulent créer, entreprendre et participer pleinement à l’essor de leur pays.
Son regard est résolument tourné vers l’avenir. Elle trouve dans la vision portée par le président Mamadi Doumbouya – cette volonté de refonder l’État, de rétablir la justice et de s’appuyer sur les forces vives de la nation – un cadre nécessaire. Pour des entrepreneures comme elle, la stabilité n’est pas un slogan politique. C’est une condition concrète pour investir, reconstruire et croire en demain.
À l’heure où la Guinée s’apprête à entrer dans une nouvelle étape de son histoire, le parcours de Rokia Kaba parle plus fort que bien des discours. Il raconte une résilience qui ressemble à celle de notre pays. Une histoire où les épreuves ne sont pas une fin, mais un passage difficile. Une histoire où l’on peut tout perdre, sauf l’essentiel : la dignité, la volonté et cette foi tenace en l’avenir.
C’est cela, la vraie force.
Celle qui ne s’exhibe pas, mais qui agit.
Celle qui reconstruit, discrètement, pierre après pierre.
Rokia Kaba incarne cette force. Et c’est précisément de cette force-là que la Guinée de demain a besoin.
Mk







