Démission du gouvernement : entre Constitution et habitudes politiques, l’analyse d’Ibrahima Koné

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Depuis l’investiture du président Mamadi Doumbouya samedi 17 janvier, la question de la démission du gouvernement alimente les débats au sein de l’opinion publique guinéenne.

Interrogé ce mercredi sur le sujet par notre rédaction, Ibrahima Koné, Directeur Général du quotidien national Horoya, livre son analyse sur les aspects juridiques et politiques de cette question.

Selon lui, aucun texte de la Constitution guinéenne n’impose la démission automatique du gouvernement après l’investiture du président. « Le chef de l’État a la prérogative de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, selon sa discrétion et le calendrier qu’il estime approprié », explique-t-il.

Pour Ibrahima Koné, l’idée selon laquelle un nouveau président doit obligatoirement être accompagné d’un nouveau gouvernement relève davantage des habitudes politiques que de la loi. « Ces pratiques, héritées des régimes précédents, se sont répétées au fil des années. Elles sont devenues une sorte de norme dans l’opinion publique, mais elles ne sont pas inscrites dans les textes », précise-t-il.

Sur le plan institutionnel, le président peut demander à tout moment la démission de son Premier ministre. Il peut aussi décider de maintenir l’équipe actuelle, de procéder à un remaniement partiel ou de reconduire l’ensemble du gouvernement. Tout dépend de sa volonté et de sa lecture des besoins du pays.

Ibrahima Koné reconnaît néanmoins que le souhait de voir émerger de nouveaux visages à la tête de l’exécutif est largement partagé par une partie de la population, surtout après le retour à l’ordre constitutionnel. Une aspiration qu’il qualifie de légitime sur le plan politique, sans pour autant la confondre avec une exigence légale.

Le gouvernement en place continue de fonctionner légalement et de manière constitutionnelle, tant qu’aucun acte officiel de démission ou de révocation n’est posé par le président Mamadi Doumbouya.

Par Madiba Kaba

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