Servir l’école, servir l’État : l’engagement sans faille d’Ibrahima II Barry

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Il est des trajectoires qui ne font pas de bruit mais qui construisent, patiemment, les fondations d’un pays. Celle d’Ibrahima II Barry en fait partie. Derrière la fonction de Directeur Communal de l’Éducation de Matam se dessine le visage d’un homme dont la vie professionnelle épouse, depuis plus de trois décennies, les défis de l’école guinéenne et les exigences du service public.

Né à Kindia en 1963, il a très tôt choisi la voie de la transmission. En 1990, il enseigne l’économie politique au Lycée 2 Octobre. Ce n’est pas seulement un métier qu’il exerce, mais une mission qu’il assume. Salle de classe après salle de classe, génération après génération, il forme des jeunes appelés à devenir cadres, entrepreneurs et décideurs. Chez lui, enseigner n’a jamais été un geste mécanique ; c’est un engagement envers l’avenir.

Son sens du devoir et sa maîtrise de la pédagogie le conduisent rapidement au-delà du tableau noir. L’encadrement des enseignants, l’inspection, puis la responsabilité nationale comme inspecteur disciplinaire chargé de l’économie traduisent une confiance institutionnelle solide. Ibrahima II Barry ne se contente pas d’appliquer les programmes : il contribue à les améliorer. Sa participation au toilettage des curricula et à la sélection des épreuves du baccalauréat révèle un homme soucieux de rigueur et de cohérence, attentif à l’adéquation entre l’enseignement dispensé et les réalités du pays.

Son nom reste également associé à un domaine sensible où l’État ne peut se permettre la moindre approximation : les examens nationaux. Du Service National des Examens et Concours à la Direction Nationale de l’Enseignement Secondaire, il s’impose comme un repère de sérieux et d’intégrité. Entre 2004 et 2010, il supervise le baccalauréat dans plusieurs préfectures, parfois éloignées et dans des contextes exigeants. Ces missions répétées témoignent d’une chose essentielle : lorsqu’il s’agit de garantir l’équité et l’autorité de l’État, on fait appel à

Mais l’homme ne s’est pas enfermé dans l’administration. Son engagement s’est naturellement étendu à la sphère citoyenne et politique, non par calcul mais par cohérence. Mettre son expérience, sa connaissance des rouages de l’État et sa capacité d’analyse au service d’initiatives d’intérêt public relève, chez lui, de la continuité. Conseiller spécial au sein du MOSACCOD (Mouvement Saran Chérif pour la Continuité de Doumbouya) de Hadja Djaba Doumbouya, puis membre du pool électoral chargé du suivi et de l’évaluation de la campagne de la GMD à Kindia, il transpose dans l’action citoyenne la même exigence de méthode, d’objectivité et de responsabilité qui a marqué sa carrière éducative.

Sa confirmation par décret à la tête de la Direction Communale de l’Éducation de Matam apparaît moins comme une promotion que comme une étape logique. À Matam, il déploie cette même exigence au service d’une école plus inclusive et plus performante, où les priorités de la refondation prennent corps dans le quotidien des salles de classe.

Ibrahima II Barry incarne une génération de serviteurs publics formés dans la durée, façonnés par le terrain et portés par une certaine idée de l’État : un État qui éduque, qui organise, qui évalue et qui sert.

À l’heure où la Guinée parle de refondation, son parcours rappelle une vérité simple : les grandes transformations reposent aussi sur des femmes et des hommes discrets et constants, dont la compétence s’allie à la probité. En lui se rencontrent le pédagogue, le gestionnaire et le citoyen engagé. Et c’est peut-être cette alliance-là qui fait les véritables bâtisseurs.

Par  Ibrahima Sory Touré

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