« Nous n’avons plus droit à l’erreur » : à Kindia, le Garde des Sceaux face à la dure réalité carcérale

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Le nouveau ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué ce mercredi une visite de terrain à Kindia. Une sortie qui lui a permis de toucher directement du doigt les réalités du fonctionnement de la justice, aussi bien dans les tribunaux que dans le milieu carcéral.

Au tribunal de première instance, le Garde des Sceaux a échangé avec les magistrats et le personnel. Il leur a expliqué sa vision de la justice guinéenne, insistant sur la nécessité de restaurer la confiance entre l’institution judiciaire et les citoyens.

Pour lui, la justice doit être crédible, accessible et proche du justiciable.
Mais la séquence la plus marquante de la journée reste la visite de la maison de correction de Kindia.

Sur place, le constat est préoccupant. Les détenus vivent dans des conditions difficiles, marquées par un manque évident de moyens. La situation sanitaire apparaît particulièrement critique. L’infirmerie de l’établissement, censée assurer les premiers soins, serait presque dépourvue d’équipements et de médicaments.

Face à cette réalité, le ministre n’a pas caché son inquiétude. Il estime que la dignité humaine doit être garantie même en détention et que la réforme de la justice passe aussi par l’amélioration des conditions de vie dans les prisons.

La délégation s’est ensuite rendue sur le chantier du nouveau palais de justice de Kindia. D’après les informations recueillies, les travaux ont démarré depuis plusieurs années sans être achevés. Une situation qui illustre les retards accumulés dans la modernisation des infrastructures judiciaires.

Pour Ibrahima Sory II Tounkara, la réforme ne doit pas rester une promesse. Elle doit se traduire par des actes concrets : construire des palais de justice dignes, équiper les juridictions et améliorer les établissements pénitentiaires.

Le Garde des Sceaux a d’ailleurs résumé l’enjeu en une phrase :
« Nous n’avons plus droit à l’erreur. »
Un message qui sonne comme un avertissement, mais aussi comme un engagement, au moment où la justice guinéenne est attendue sur des changements visibles par la population.

Par Madiba Kaba

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