Quand diplomatie économique et politique sanitaire convergent à l’heure où les grandes
puissances économiques mondiales renforcent leur intérêt stratégique pour la Guinée, notre
pays se retrouve à un tournant historique.
Longtemps perçue à travers le prisme exclusif de ses ressources minières, la Guinée doit
s’imposer désormais comme un acteur central d’un autre enjeu vital : la santé publique
nationale et sous régionale.
Au-delà des enjeux miniers, énergétiques et industriels, une dimension essentielle mérite
d’être pleinement intégrée dans cette nouvelle dynamique : la santé publique et la santé
environnementale.
La Guinée, par sa position géographique, ses ressources naturelles et son potentiel
économique, peut devenir un futur carrefour régional et international de la santé publique.
Mais cette ambition nécessite une vision claire : intégrer la politique sanitaire au cœur des
partenariats économiques et diplomatiques.
Ce repositionnement n’est ni fortuit ni symbolique. Il s’inscrit dans un contexte international
marqué par les leçons des pandémies récentes, la nécessité de renforcer les systèmes de santé
africains et la volonté des partenaires internationaux de sécuriser les chaînes
d’approvisionnement alimentaires, industrielles et médicales. La Guinée, forte de son expérience dans la gestion des crises sanitaires, notamment Ebola, doit disposer un capital stratégique précieux : expertise de terrain, réseau de surveillance épidémiologique renforcé, et capital humain formé à l’urgence sanitaire et aux normes de sécurité alimentaire.
La santé publique, pilier stratégique du développement. L’arrivée massive d’investissements internationaux, notamment dans les secteurs miniers et industriels, entraîne une urbanisation rapide, une pression environnementale accrue et de
nouveaux défis sanitaires : pollution, gestion des déchets, sécurité alimentaire, qualité de
l’eau, maladies professionnelles et risques épidémiologiques.
Une croissance économique durable ne peut être envisagée sans un système solide de
protection sanitaire. La santé publique devient ainsi un facteur d’attractivité économique pour
les partenaires internationaux, y compris les États-Unis et les grandes économies asiatiques et
européennes qui multiplient leur présence en Guinée.
Investir en Guinée, c’est aussi garantir un environnement sain pour les travailleurs
internationaux, les populations locales et les investisseurs eux-mêmes en uniformisant les
normes sanitaires.
La coopération avec les partenaires internationaux y compris avec les États-Unis doit inclureles recommandations suivantes tels que ces derniers l’exhorte. • le renforcement des systèmes de surveillance sanitaire et environnementale ;
• la modernisation des laboratoires nationaux ;
• la gestion durable des déchets industriels et miniers ;
• la sécurité sanitaire des aliments ;
• la qualité de l’eau potable ;
• la prévention des maladies liées à l’environnement ;
• la formation de spécialistes en santé environnementale.
Ces éléments permettent d’inscrire la Guinée dans une logique de développement durable et
de stabilité sanitaire régionale répondant aux normes sanitaires internationales. Dans cette
dynamique, l’Office National de Contrôle de Qualité (ONCQ) joue un rôle stratégique majeur
qui consiste à devenir un pilier régional en matière de:
• contrôle de qualité des produits alimentaires ;
• surveillance des importations et exportations ;
• certification sanitaire et industrielle ;
• harmonisation des normes avec les standards internationaux.
Un ONCQ modernisé et soutenu par des partenariats internationaux, dans le cadre de la nouvelle politique de partenariat du Président Trump, pourrait faire de la Guinée une
référence ouest-africaine en matière de sécurité sanitaire et commerciale. Tout en garantissant que ces accords ne sont pas des prêts mais des financements stratégiques qui protègent également la population internationale qui visitent la guinée.
Une opportunité régionale pour la Guinée:
La santé est devenue un levier diplomatique majeur. Elle structure désormais les relations
bilatérales et multilatérales, mobilise des financements conséquents et redéfinit les partenariats internationaux.
Dans ce nouvel échiquier, la Guinée peut se positionner comme un hub régional de
surveillance épidémiologique au cœur de l’Afrique de l’Ouest .
Cette ambition exige toutefois une vision stratégique claire et un engagement politique
constant.
La Guinée peut devenir un centre régional de formation et d’expertise en santé publique et
environnementale, capable d’accompagner les pays voisins confrontés aux mêmes défis :
urbanisation rapide, exploitation minière, changement climatique, sécurité alimentaire et
industrielle et pollution, etc.
La coopération régionale, les partenariats universitaires, l’innovation technologique et la
digitalisation des systèmes sanitaires peuvent renforcer ce positionnement.
Cette approche illustre parfaitement la vision du Président Mamadi Doumbouya, qui promeut
une Guinée souveraine, compétitive et capable de transformer ses richesses naturelles et
humaines en levier durable pour le développement national et régional.Santé, environnement et souveraineté.
La santé publique est aussi une question de souveraineté nationale. Un pays qui contrôle la
qualité de son environnement, de ses aliments, de son eau et de ses infrastructures sanitaires
et industrielles, protège inévitablement son capital humain, moteur essentiel de toute
économie. La Guinée possède aujourd’hui une occasion rare :
transformer ses ATOUTS en leviers de développement sanitaire durable, au bénéfice de sa population et de toute la région.
Faire de la Guinée un acteur majeur et un modèle de transformation structurel dans la région
Ouest Africain de la santé publique n’est pas seulement un objectif, mais une nécessité stratégique pour bâtir notre Guinée de demain.
Mohamed Sanoussy Camara Expert en Santé Publique et Environnementale, formé à
l’Université Rutgers New Jersey USA





