Après sept jours passés à la Maison centrale, les membres du groupe Sagatala et le rappeur Opinel ont retrouvé la liberté ce 24 février 2026, à l’issue d’un procès très suivi par l’opinion publique. Interpellés le 16 février pour des propos jugés injurieux et contraires aux bonnes mœurs dans certaines de leurs productions musicales, les artistes ont vu leur dossier devenir rapidement un sujet de débat national sur la liberté d’expression artistique.
Au cœur de cette affaire, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a choisi de s’impliquer pour rappeler un principe fondamental : liberté artistique et responsabilité vont de pair. Dès l’interpellation des artistes, son département a suivi le dossier afin de s’assurer que la procédure judiciaire respecte les droits des prévenus, tout en soulignant que la justice reste indépendante et que la marge de manœuvre du ministère est limitée lorsque l’affaire est judiciarisée.
« Lorsque l’affaire est judiciarisée, notre marge de manœuvre devient limitée », a rappelé le ministre, insistant sur le respect de la séparation des pouvoirs.
Si Moussa Moïse Sylla reconnaît que rivalité et provocation font partie de l’ADN du rap, il a regretté que certaines œuvres dégénèrent en injures et atteintes à la dignité des familles. Il a également lancé un appel aux figures établies du mouvement urbain pour qu’elles encadrent la jeune génération et contribuent à un rap responsable.
Le tribunal, au terme du procès, a opté pour des peines avec sursis et des amendes, permettant aux artistes de regagner leurs domiciles tout en recevant un avertissement clair sur les responsabilités liées à leur notoriété.
De leur côté, Sagatala et Opinel ont exprimé des regrets et promis de revoir leur ligne artistique. Ils se sont engagés à produire des œuvres qui sensibilisent, éduquent et divertissent sans verser dans l’invective. Un message commun de sensibilisation à leurs fans est attendu prochainement.
Au-delà de ce cas particulier, cette affaire rappelle que la création artistique en Guinée est un espace de liberté, mais qu’elle doit s’exercer dans le cadre légal et social. Avec sa gestion, le ministre Moussa Moïse Sylla envoie un signal clair : la créativité est encouragée, mais le respect de la loi et de la dignité demeure incontournable.
Par Madiba Kaba





