Le verdict est tombé ce mercredi 4 mars 2026 au Tribunal de première instance de Labé dans l’affaire des violences exercées contre une collégienne au début du mois de février. Deux élèves majeures ont été condamnées chacune à un an d’emprisonnement avec sursis, assorti d’une amende d’un million de francs guinéens.
Les faits, survenus le 6 février dernier dans la commune urbaine, avaient profondément choqué l’opinion locale après la circulation d’images montrant l’agression de la victime, Djeynabou Cellou. L’émotion suscitée par la diffusion de la vidéo avait rapidement conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Au terme des débats, le tribunal a requalifié les faits initialement poursuivis en coups et blessures volontaires en violences et voies de fait, sur la base des conclusions du rapport médico-légal. L’une des prévenues a également été reconnue coupable d’avoir diffusé, par voie électronique, des images portant atteinte à la dignité de la victime.
Avant ce jugement, sept élèves mineurs impliqués dans la même affaire avaient comparu devant le tribunal pour enfants. Ils ont écopé de peines de six mois d’emprisonnement avec sursis et d’amendes variant entre 300 000 et 500 000 francs guinéens.
Au-delà des sanctions, la juridiction a ordonné la suppression de toutes les vidéos liées à l’agression. La victime, pour sa part, n’a pas sollicité de dommages et intérêts.
Cette affaire relance le débat sur les violences en milieu scolaire et l’usage irresponsable des réseaux sociaux. Si la justice a tranché, de nombreux observateurs estiment que la prévention reste le véritable défi : encadrement des élèves, sensibilisation aux dangers du cyberharcèlement et implication accrue des parents et des établissements scolaires.
À Labé, les autorités judiciaires et éducatives disent vouloir privilégier la réinsertion des élèves concernés afin d’éviter qu’un acte regrettable ne compromette définitivement leur avenir académique.
Une page judiciaire se tourne, mais la réflexion sur la responsabilité collective, elle, ne fait que commencer.
Par Madiba Kaba





