Je m’insurge contre la dérive totale qui entoure désormais l’accueil du chef de l’État. Jadis, ce moment solennel était strictement régulé par le protocole : seules les autorités et personnalités dûment identifiées y avaient accès. Il y régnait de la rigueur, du respect et de la gravité.
Aujourd’hui, c’est l’inverse. Artistes, comédiens, crieurs publics, et même certains qui semblent se croire ministres, se précipitent pour toucher la main du président ou capter un bout de lumière. L’aéroport n’est plus un lieu protocolaire, mais un véritable marché de la visibilité où chacun vient vendre son image.
Cette confusion n’est pas anodine. Elle banalise la fonction présidentielle, ridiculise le protocole et révèle surtout à quel point certains ont perdu toute notion des limites et du respect des institutions. Le président n’est pas une attraction, et le tarmac n’est pas une scène de foire. En laissant faire, ne participe-t-on pas soi-même à ce grand déballage ?
Restaurer l’ordre et la dignité dans ces moments n’est pas une option, c’est une nécessité pour la République. C’est rendre à la fonction ce qui lui est dû : de la distance, de la réserve et du respect.
Par Madiba Kaba





