Baadiko Bah à propos de Bah Oury : « Une machine à promesses et à propagande, qui fait le lit de la dictature »

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Le président de l’Union des Forces Démocratiques (UFD), Mamadou Baadiko Bah, a vivement critiqué le Premier ministre Bah Oury lors de son passage dans l’émission Face à l’Opinion diffusée ce jeudi sur Facebook. Dans un ton direct, il a qualifié le chef du gouvernement de « machine à promesses et à propagande, qui fait le lit de la dictature », une expression citée mot pour mot au cours de l’entretien.

Interrogé sur l’action du Premier ministre, Baadiko Bah a affirmé qu’il ne souhaite plus s’étendre sur son cas, estimant que « tout le peuple de Guinée sait désormais qui il est ». Selon lui, les résultats de la gouvernance actuelle parlent d’eux-mêmes : « Il se charge lui-même », a-t-il lâché, en référence aux critiques qu’il estime aujourd’hui évidentes.

Le leader politique a également dénoncé ce qu’il considère comme un décalage entre les promesses officielles et la réalité du terrain. « La Guinée devrait être un paradis sur le plan de la parole », a-t-il déclaré, regrettant une aggravation quotidienne des conditions de vie : « Qu’est-ce qui a été promis et qu’est-ce qui a été réalisé ? Rien. Tous les jours, c’est pire que la veille. »

À propos du projet Simandou, il a soutenu qu’il est principalement piloté par les partenaires chinois : « C’est leur projet, c’est leur affaire. Ce n’est pas celui des Guinéens », a-t-il indiqué, estimant que le discours officiel ne reflète pas la réalité opérationnelle du chantier.

Mamadou Baadiko Bah a également critiqué de manière globale la classe politique guinéenne, l’accusant d’être motivée avant tout par des intérêts matériels. Selon lui, cette logique explique les repositionnements constants des acteurs politiques au gré des changements de régime.

Au-delà des aspects politiques, il dit percevoir des signes d’exclusion dans certains choix administratifs récents, citant notamment le changement de dénomination de l’hôpital régional de Kindia. Il estime que cette décision, conjuguée à la composition de la délégation spéciale de la ville, envoie « un avertissement » et contribue à alimenter des tensions inutiles.

Tout en affirmant ne pas vouloir « jeter de l’huile sur le feu », Baadiko Bah affirme appeler à la vigilance face à ce qu’il présente comme des risques de dérives institutionnelles. Il a conclu son intervention par un proverbe poulard : « Quand vous voyez des gens fabriquer des cordes pour vous ligoter et construire une maison pour vous enfermer, vous n’allez pas vous asseoir à les regarder. »

Par Adama Dian Bah 

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