Alors que les élections du 23 novembre s’étaient déroulées dans le calme, l’annonce d’un coup d’État par l’armée guinéenne-bissau-guinéenne a provoqué une condamnation immédiate et ferme des principales missions d’observation électorale présentes dans le pays.
Les chefs des Missions d’Observation Électorale de l’Union africaine (UA), de la CEDEAO et le Président du Forum ouest-africain des Sages ont exprimé, dans une déclaration conjointe, leur profonde préoccupation suite à la prise de pouvoir par les forces armées de Guinée-Bissau.
Cette rupture institutionnelle intervient au moment même où les observateurs saluaient le déroulement « ordonné et pacifique » des élections présidentielle et législatives du dimanche 23 novembre 2024. Ils avaient également mis en avant « l’engagement civique remarquable » de la population et le « professionnalisme » des acteurs du scrutin.
La frustration est d’autant plus grande que les missions d’observation venaient de rencontrer les deux principaux candidats à la présidentielle, lesquels s’étaient engagés à « respecter le choix du peuple » dans l’attente des résultats officiels. Un signe fort qui laissait penser que la transition démocratique suivait son cours.
Dans leur déclaration, les signataires dénoncent « cette tentative flagrante de perturber le processus démocratique » et appellent les organisations régionales à une réaction rapide. Ils exhortent l’UA et la CEDEAO à « prendre les mesures nécessaires pour restaurer l’ordre constitutionnel », un appel qui pourrait ouvrir la voie à des sanctions contre les auteurs du putsch.
Ce développement replonge la Guinée-Bissau, pays déjà marqué par une longue série d’instabilités politiques et de coups d’État, dans une nouvelle zone d’incertitude, balayant les espoirs nés du scrutin apaisé de la veille.
Par Madiba Kaba





