Deux an après le drame, les blessures restent vives. Les sinistrés de l’explosion du dépôt de carburant appelleront à une marche blanche ce Jeudi 18 décembre. Un rassemblement silencieux, pour ne pas oublier.
Le but est double, explique Amara Touré, président de l’Association des Sinistrés : graver dans la mémoire collective le nom des disparus et tendre la main à ceux qui survivent, marqués à jamais. « Certains blessés graves vivent aujourd’hui avec un handicap lourd. Par cette marche, nous voulons simplement leur dire qu’ils ne sont pas seuls. Que nous portons le même deuil, la même lutte », confie-t-il, la voix empreinte d’une gravité tranquille.
Le parcours a été choisi pour son symbolisme. Le cortège partira de la Fédération Guinéenne de Football pour s’achever sur les lieux mêmes de la catastrophe. Un retour éprouvant vers ce qui fut le cœur de la tragédie, désormais lieu de mémoire improvisé.
« Ce jour-là, la mort était aveugle. Elle n’a épargné personne », se souvient Amara Touré, qui compte aussi parmi les victimes, ayant lui-même été hospitalisé au centre médical communal de Matam. « Nous sommes tous dans le même bateau. Cette marche, c’est notre façon à nous de résister, de refuser que nos frères, nos sœurs, nos enfants partis trop tôt tombent dans l’oubli. »
Plus qu’une commémoration, cette marche blanche se veut un acte de résistance douce. Celui d’une communauté unie par le chagrin, déterminée à transformer sa douleur en un hommage collectif et à soutenir, pas à pas, ceux qui doivent apprendre à vivre avec les séquelles du drame.
Par Madiba kaba-626205653





