À certains artistes guinéens, il faut se dire la vérité( Par Madiba Kaba)

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La musique guinéenne a du talent. Une richesse culturelle, une histoire, une âme. Mais elle a aussi un problème dont peu osent parler franchement : le rapport de certains artistes à la responsabilité.

Il faut arrêter l’hypocrisie. Beaucoup ne font pas de la musique pour le pays, ni pour faire avancer la culture, ni pour inspirer la jeunesse. Ils en font d’abord pour se sauver eux-mêmes, pour sortir de la galère, pour chercher une reconnaissance et un confort personnel. Ce choix n’est pas un crime. Mais alors, qu’on l’assume jusqu’au bout.

Car on ne peut pas, d’un côté, faire carrière uniquement pour soi, ne rien investir ici, ne rien structurer, ne rien créer pour la relève, et de l’autre côté, tendre la main vers l’État pour réclamer voitures, argent et privilèges. Sur quelle base morale ?

L’argent public vient du contribuable. Du fonctionnaire, du commerçant, du chauffeur, de la vendeuse au marché. Des gens qui se lèvent tôt, qui travaillent dur, et qui n’attendent pas qu’on leur offre la vie. Pourquoi devraient-ils financer le confort d’artistes qui, eux-mêmes, ne participent presque pas à l’effort collectif ?

Autre vérité qui dérange : la plainte permanente affaiblit l’image de l’artiste. À force de se poser en victime, de réclamer publiquement, de pleurer sur le manque de soutien, on finit par banaliser la mendicité artistique. Ce n’est pas digne d’un créateur. Ce n’est pas digne d’un modèle pour la jeunesse.

Si la musique ne permet pas de vivre, il faut avoir le courage de se réinventer. Entreprendre, apprendre un métier, diversifier ses activités. La musique est une passion, une vocation, un art  pas une obligation sociale que le pays doit entretenir.

Cette tribune n’est pas une attaque contre les vrais bâtisseurs, ceux qui investissent, qui forment, qui élèvent le niveau et qui donnent en retour. Elle s’adresse à ceux qui veulent les avantages sans les responsabilités.

À un moment, il faut arrêter de tendre la main et commencer à construire. L’artiste doit être une valeur ajoutée pour la nation, pas une charge de plus.

Madiba Kaba 

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