Après plusieurs jours de crispation le long de leur frontière commune, la Guinée et la Sierra Leone semblent résolument engagées sur la voie de l’apaisement. Les accusations réciproques d’incursions territoriales, qui avaient conduit à l’arrestation de seize soldats et policiers sierra-léonais par des forces guinéennes, ont fait craindre une escalade diplomatique. Mais depuis le début de la semaine, le ton a nettement changé des deux côtés de la frontière.
Invité sur les ondes de Radio France Internationale, le Premier ministre guinéen Bah Oury a tenu à rassurer l’opinion nationale et sous-régionale. Selon lui, « la Guinée et la Sierra Leone n’entreront jamais en conflit », soulignant la profondeur des liens historiques, humains et politiques entre les deux pays.
« Sur instruction du Président de la République, nous privilégions une gestion diplomatique de cette situation. Nous allons continuer à échanger avec nos voisins, qui sont nos frères, avec lesquels nous partageons aussi bien les moments de bonheur que les épreuves », a déclaré le chef du gouvernement.
Bah Oury a rappelé le soutien constant apporté par les autorités sierra-léonaises à la Guinée lors de périodes difficiles, évoquant notamment l’appui du président Julius Maada Bio et de son gouvernement. Il a cité, entre autres, l’explosion du principal dépôt d’hydrocarbures à Conakry, ainsi que les drames partagés liés à l’épidémie d’Ebola, qui avait durement frappé les deux nations.
« Nos destins sont liés. La Guinée est un pays de paix et la diplomatie restera toujours la voie privilégiée pour régler les différends », a-t-il insisté, tout en rappelant que le respect des frontières demeure un principe fondamental de la souveraineté des États.
À Freetown comme à Conakry, les autorités assurent suivre de près l’évolution de la situation. Cet incident constitue désormais un test important pour les mécanismes de coopération bilatérale et régionale, dans une sous-région ouest-africaine souvent confrontée à des défis sécuritaires.
En choisissant le dialogue plutôt que la confrontation, la Guinée et la Sierra Leone envoient un signal fort : celui d’une volonté commune de préserver la paix, en s’appuyant sur une histoire partagée et une responsabilité collective envers la stabilité régionale. Pour les deux capitales, l’enjeu est désormais de transformer ces paroles d’apaisement en actions concrètes afin de consolider durablement la confiance entre deux peuples liés par la géographie, l’histoire et le destin.
Par Madiba Kaba





