Disparition d’Amirou Barry et de Diallo Souleymane : Ibrahima Koné rend hommage à deux baobabs de la presse guinéenne

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Depuis la France où il séjourne actuellement, le directeur général du quotidien Horoya, Ibrahima Koné, a rendu un hommage appuyé à deux figures majeures des médias guinéens disparues ces derniers jours : le doyen Amirou Barry et le fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance, Diallo Souleymane.


Dans son témoignage, le journaliste est revenu sur les liens professionnels et humains qu’il entretenait avec les deux hommes, qu’il considère comme des références pour plusieurs générations de journalistes.


À propos du doyen Amirou Barry, Ibrahima Koné a rappelé son riche parcours dans la presse nationale et internationale. Il a notamment été correspondant pour la BBC et l’AFP avant de passer de longues années à l’Agence guinéenne de presse (AGP), puis de rejoindre le Groupe de presse Vision 2000, où il a marqué plusieurs générations de journalistes.


Vers 2015, alors que celui-ci s’apprêtait à quitter la vie active, Ibrahima Koné dit avoir refusé de le voir partir définitivement de la profession. Il lui avait alors proposé de rejoindre le Groupe Vision 2000 Communications.


« Je lui ai dit qu’un intellectuel ne va jamais réellement à la retraite. Il a accepté et nous avons travaillé ensemble pendant plusieurs années », a-t-il raconté.


Au sein du groupe de presse, Amirou Bah s’est rapidement imposé comme une ressource précieuse. Chargé notamment des corrections et de l’encadrement de la rédaction, il a contribué à la formation de nombreux jeunes journalistes qui évoluent aujourd’hui dans plusieurs médias en Guinée et à l’étranger.


Pour Ibrahima Koné, le doyen était bien plus qu’un collaborateur. « Je l’appelais affectueusement mon conseiller. Même après son départ de la rédaction, il continuait à suivre mes interventions dans les médias et m’appelait régulièrement pour me faire des observations ou m’encourager », a-t-il confié.


Le patron d’Horoya a également eu une pensée pour la famille du défunt, rappelant les nombreux moments partagés avec lui et ses proches au fil des années.


Il convient de rappeler que les deux hommes sont tous deux passés par la rédaction du quotidien Horoya à différentes périodes de leur parcours professionnel, avant de poursuivre leurs carrières respectives dans d’autres structures médiatiques.


Évoquant ensuite Diallo Souleymane, Ibrahima Koné a salué la mémoire d’un pionnier de la presse privée guinéenne dont l’engagement a marqué l’histoire du journalisme national.


Il se souvient de leurs premiers échanges au début des années 2010, à une période où il développait ses propres projets de presse. Selon lui, le fondateur du Lynx s’était toujours montré disponible et bienveillant envers les jeunes professionnels du secteur.
« Il faisait partie de ceux qui n’hésitaient pas à partager leur expérience. Il a accompagné et conseillé beaucoup de journalistes », a-t-il souligné.


Ibrahima Koné a également rappelé les nombreux combats menés aux côtés de Diallo Souleymane au sein des organisations professionnelles de presse, notamment à l’Union de la Presse Francophone (UPF), dont ils étaient tous deux membres de la section guinéenne.
Selon lui, le fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance est resté très engagé dans ces instances professionnelles, même après son retour en Guinée à la suite de son passage à Horoya, ainsi que de son expérience en Côte d’Ivoire.


Le directeur général d’Horoya garde notamment en mémoire un déplacement effectué ensemble en Arménie dans le cadre des activités de l’UPF. Il révèle également que Diallo Souleymane avait souhaité préparer la relève au sein de l’organisation en lui présentant son fils, qu’il envisageait de voir s’impliquer davantage dans les activités de l’association.


« Au-delà de son groupe de presse, il était très actif dans les organisations professionnelles et attachait une grande importance à la transmission », a souligné Ibrahima Koné.


Parmi les souvenirs les plus douloureux figure le décès du fils de Diallo Souleymane, une épreuve qu’Ibrahima Koné dit avoir vécue à ses côtés.
« Nous étions présents auprès de lui dans ces moments difficiles. C’est un souvenir qui reste gravé dans ma mémoire », a-t-il déclaré.


Pour le directeur général d’Horoya, la disparition d’Amirou Bah et de Diallo Souleymane laisse un vide considérable dans le paysage médiatique guinéen.
« Ce sont deux hommes qui ont consacré leur vie à la presse et à la formation des jeunes. Ils ont laissé une œuvre et un héritage que nous avons le devoir de préserver », a-t-il affirmé.


En terminant son témoignage, Ibrahima Koné a présenté ses condoléances aux familles des disparus ainsi qu’à l’ensemble de la corporation, priant pour le repos de leurs âmes.

Par Madiba Kaba 

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