Prof. Bano : « À quoi ça sert de changer régulièrement des ministres lorsque les gens sont sédentarisés ? »

0

 Prof. Bano revient sur son passage au ministère et livre sa lecture des difficultés qui peuvent freiner les réformes dans l’administration guinéenne. Pour lui, changer un ministre ne suffit pas si les mêmes pratiques et les mêmes acteurs restent en place.

« On ne peut pas agir sans comprendre », explique-t-il. Selon le professeur, un responsable nouvellement nommé doit d’abord prendre le temps de faire le diagnostic de son ministère avant de lancer des réformes.

Il affirme avoir passé un an, deux mois et quatre jours au ministère. Cette période lui aurait permis de poser des questions, d’observer le fonctionnement du département et d’identifier les difficultés avant de réfléchir à une méthode de réforme.

Pour le Prof. Bano, le diagnostic doit précéder l’action. Une fois cette étape franchie, le ministre doit pouvoir s’entourer de collaborateurs capables de porter la même vision et d’accompagner les changements.

Mais l’ancien ministre estime que le problème se trouve aussi dans la permanence de certains agents au sein des administrations.

« On change les ministres, on oublie qu’en réalité, ceux qui posent des problèmes, ce sont ceux qui sont sédentarisés dans ce ministère », affirme-t-il.

Il évoque également les fuites de documents administratifs. Selon lui, certains courriers peuvent parvenir à la presse et se retrouver sur les réseaux sociaux avant même d’arriver au cabinet du ministre.

Une situation qui, à ses yeux, complique la conduite des réformes et entretient les tensions au sein de l’administration.

« À quoi ça sert de changer régulièrement des ministres lorsque les gens sont sédentarisés ? », s’interroge-t-il.

Interrogé sur la nouvelle ministre de l’Enseignement, le Prof. Bano lui adresse un conseil teinté d’ironie : « Bienvenue en Guinée », tout en soulignant les difficultés auxquelles elle pourrait être confrontée dans ce département.

Aux enseignants, son message est beaucoup plus direct : « Formez-vous. Apprenez. Améliorez-vous. Éliminez vos lacunes. »

Pour lui, la formation continue reste indispensable pour améliorer les compétences des enseignants et, plus largement, les performances du système éducatif.

À travers cette intervention, le Prof. Bano pose ainsi la question de la continuité administrative et de la capacité réelle des ministères à mettre en œuvre des réformes durables, au-delà des changements successifs à leur tête.

Par Madiba Kaba 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici