« 22 motos » à Horoya : que disent réellement les documents administratifs ?

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L’affaire des « 22 motos » destinées aux journalistes de Horoya mérite d’être replacée dans son véritable cadre administratif. Les accusations visant directement le directeur général du quotidien national, Ibrahima Koné, appellent des précisions, car les éléments avancés ne correspondent pas, à ce stade, au fonctionnement administratif de la structure.

Il convient de préciser que ces motos n’ont pas été acquises directement par la direction générale de Horoya. À l’époque, l’opération relevait du ministère de l’Information et de la Communication, alors dirigé par Mme Aminata Kaba. Il s’agissait d’une dotation en équipements accordée par le ministère de tutelle au bénéfice du quotidien national Horoya.

Autrement dit, l’acquisition et la mise à disposition de ces équipements relevaient du ministère de tutelle, et non d’une initiative personnelle ou d’un achat effectué directement par la direction générale de Horoya. Cette précision permet de mieux situer les responsabilités administratives et d’éviter toute confusion sur l’origine de ces motos.

Selon les éléments disponibles, ces engins ont été immatriculés par le Garage du Gouvernement avant d’être affectés à la direction. Leur distribution aurait ensuite été effectuée par le syndicat de la direction, tandis que le service administratif dispose des fiches permettant d’identifier les bénéficiaires et de retracer leur affectation.

Il est dès lors difficile de comprendre sur quelle base la responsabilité personnelle d’Ibrahima Koné serait directement engagée. Être directeur général d’une structure publique ne signifie pas être personnellement responsable de chaque opération effectuée par les services ou par les organisations représentatives du personnel.

Horoya est une direction rattachée au ministère en charge de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Les investissements et l’acquisition d’équipements publics relèvent du cadre budgétaire et administratif du département de tutelle. Présenter ces motos comme des biens acquis directement par le directeur général, pour ensuite lui imputer leur prétendue disparition, constitue un raccourci qui mérite d’être sérieusement vérifié.

Si une vente a réellement eu lieu, il appartient à ceux qui l’affirment de produire les éléments permettant de l’établir, acte de cession, autorisation, bénéficiaire, montant de la transaction ou trace financière. Et si les fonds avaient effectivement servi à l’acquisition de terrains pour un projet agricole, des documents fonciers et financiers devraient également permettre de démontrer ce lien.

Pour l’heure, aucune pièce de cette nature n’est publiquement présentée pour établir qu’Ibrahima Koné aurait vendu ces motos ou qu’il aurait personnellement bénéficié du produit d’une quelconque transaction.

Le directeur général peut naturellement être interrogé sur la gestion de Horoya, comme tout responsable public. Mais l’interpellation ne doit pas devenir une accusation personnelle sans éléments démontrant son implication directe, et comme le veut l’adage, les chiens aboient, la caravane passe, le bruit médiatique ne remplace pas l’établissement des faits.

Les fiches administratives, les registres d’immatriculation du Garage du Gouvernement et les éléments relatifs à l’affectation des motos peuvent apporter des réponses précises, qui a reçu les motos, dans quelles conditions, et si une opération de cession a réellement eu lieu.

Si ces pièces établissent une irrégularité, elle devra être constatée et les responsabilités situées en conséquence.

 Mais si elles ne mettent pas en cause le directeur général, lui attribuer une opération à laquelle il n’aurait pas pris part serait injuste, et c’est précisément ce que la publication de ces documents permettrait de vérifier plutôt que de supposer.

 

Par Madiba Kaba 

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