Sur sa page Facebook ce mardi, l’entrepreneur et activiste indépendant Bella Bah a vivement critiqué le projet de la Banque centrale de Guinée d’introduire de nouvelles grosses coupures, comme un billet de 50 000 ou 100 000 GNF. Une décision que le Gouverneur justifie par la hausse du PIB et de la population depuis la mise en circulation du billet de 20 000 GNF en 2015.
Pour Bella Bah, cette logique est économiquement discutable. « Il n’existe aucune relation automatique entre la croissance du PIB et l’introduction de grosses coupures », affirme-t-il. En témoignent des exemples internationaux : en zone euro, malgré une augmentation du PIB de 11 000 à 16 000 milliards d’euros entre 2015 et 2025, la plus haute coupure reste le billet de 200 euros, le 500 euros ayant été arrêté en 2019. Au Ghana, la plus haute dénomination est toujours le billet de 200 cedis, malgré une progression économique et de sérieuses difficultés.
L’analyste rappelle que la force d’une économie repose sur la production réelle, la diversification et l’efficacité du système financier. Or, l’économie guinéenne reste largement dépendante du secteur minier, avec une agriculture et une industrie peu développées et un système bancaire limité.
Selon lui, cette mesure répondrait moins à une nécessité économique qu’à des besoins budgétaires pressants. La loi de finances rectificative 2025 prévoit un déficit de plus de 10 300 milliards de GNF, la dette intérieure avoisine les 5 000 milliards, et les tentatives d’emprunts obligataires ont échoué faute de projets « bancables ».
Malgré d’importants investissements étrangers, notamment sur le projet Simandou, le franc guinéen ne cesse de se déprécier, frôlant désormais les 10 000 GNF pour 1 dollar. Une situation que Bella Bah attribue à une gestion solitaire de la politique monétaire et à des scandales ayant ébranlé la Banque centrale.
En conclusion, l’entrepreneur met en garde contre les risques de cette décision. « Créer de grosses coupures, c’est alimenter l’inflation et continuer à asphyxier une économie sous perfusion », estime-t-il, redoutant une aggravation des pressions sur une économie déjà fragile.
Par Madiba Kaba-626205653





