« Quand il passait dans le couloir, tous les députés devaient rentrer dans leur bureau » : Mohamed Lamine Kaba raconte l’ère Damaro Camara

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Invité de l’émission Parlons Vrai ce jeudi, Mohamed Lamine Kaba, président du parti FIDEL, est revenu sur ses rapports avec Amadou Damaro Camara lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale. Il livre un témoignage très critique sur cette période et évoque plusieurs épisodes qu’il présente comme des manifestations d’un exercice excessif du pouvoir.

« C’est un monsieur qui a eu le pouvoir et qui en a voulu abuser de trop », lance Mohamed Lamine Kaba.

L’ancien député de la 9e législature revient notamment sur sa candidature contre Amadou Damaro Camara à la présidence de l’Assemblée nationale. Il explique que sa démarche ne visait pas à remettre en cause la majorité dont disposait son adversaire, mais plutôt à donner une légitimité au scrutin. Il précise qu’il était le seul député de son parti face à plus de 80 députés soutenant Damaro Camara, et que sa candidature visait avant tout à animer le jeu électoral plutôt qu’à espérer l’emporter.

Selon son récit, cette candidature aurait pourtant été mal perçue par Amadou Damaro Camara. Il raconte notamment qu’après l’élection, il aurait voulu prendre la parole pour féliciter le nouveau président de l’Assemblée, sans obtenir l’autorisation de le faire.

Mohamed Lamine Kaba affirme également avoir reçu, après le scrutin, un appel d’un ministre de l’époque, qu’il identifie comme Papa Koly Kourouma. Selon son témoignage, celui-ci lui aurait reproché d’avoir été candidat face à Damaro Camara, lui reprochant d’avoir mal agi en se présentant contre lui.

Le président du parti FIDEL évoque également sa désignation comme député de la CEDEAO. Il affirme avoir été choisi par son groupe parlementaire avant que son nom ne soit finalement retiré, une décision qu’il relie à sa candidature contre Amadou Damaro Camara.

Dans son témoignage, Mohamed Lamine Kaba cite aussi le cas d’Abdoulaye Kourouma. Il affirme que cet ancien député avait questionné la gestion de certains marchés au niveau de l’Assemblée nationale et qu’il aurait ensuite été écarté d’une commission parlementaire.

Il évoque enfin les conditions de fonctionnement au sein de l’Assemblée nationale et affirme qu’Amadou Damaro Camara aurait voulu disposer d’un accès particulier à son bureau afin d’éviter de croiser d’autres députés, une affirmation qu’il présente comme révélatrice du fonctionnement de l’institution à cette époque.
« Quand il passait dans le couloir, tous les députés qui étaient dans les différents bureaux devaient rentrer dans leur bureau pour ne pas croiser Damaro », soutient-il.

Mohamed Lamine Kaba qualifie cette période de « dictature » et estime que l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya a empêché, selon lui, la poursuite de certaines pratiques.
« Il faut remercier le général Doumbouya. S’il ne venait pas, ceux-là qui n’étaient même pas candidats allaient encore accéder au pouvoir dans ce pays pour faire de nous quoi ? », lance-t-il.

Ces propos ont été tenus par Mohamed Lamine Kaba dans l’émission Parlons Vrai. Ils relèvent de son témoignage et de son appréciation personnelle des faits évoqués.

Par Madiba Kaba

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