Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présidé ce jeudi une cérémonie qui restera sans doute comme l’un des actes les plus symboliques de la Transition. Dans un hôtel de la place, il a remis les titres fonciers individuels aux victimes des déguerpissements de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimess, mettant fin à des années d’attente, de frustrations et d’errance administrative.
Devant les bénéficiaires réunis pour l’occasion, Bah Oury n’a pas cherché à minimiser l’ampleur des souffrances vécues. Il a rappelé que les opérations de déguerpissement avaient laissé des traces profondes dans des familles entières, certaines brisées, d’autres dispersées, toutes marquées par l’incertitude et la précarité. « On ne pourra jamais réparer totalement les dégâts subis », a-t-il reconnu, saluant la résilience de ceux qui ont dû reconstruire leur vie dans des conditions 
Pour le chef du gouvernement, cette remise de titres fonciers s’inscrit dans une dynamique de justice et de réconciliation nationale engagée depuis les Assises de 2022. Il a insisté sur la volonté de l’État de corriger les torts du passé et de rétablir ceux qui ont été lésés, même si aucune mesure ne pourra effacer totalement la douleur vécue par les victimes.
Les receveurs, émus et parfois submergés par l’émotion, ont exprimé leur gratitude envers les autorités. Beaucoup d’entre eux ont salué un geste « réparateur », qu’ils n’attendaient plus après tant d’années d’incertitude. Ils ont également adressé leurs remerciements au président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, pour avoir validé et accéléré cette démarche administrative et 
Au-delà des discours, cette cérémonie marque un moment fort pour de nombreuses familles qui, après avoir perdu leur maison, retrouvent enfin un droit fondamental : celui de posséder un terrain reconnu par l’État. Un acte qui, selon plusieurs observateurs, pourrait renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques dans un contexte souvent marqué par les tensions foncières.
Par Madiba kaba





