Les faits se sont déroulés à Yimbaya Bougie, non loin du terrain de sport et de la commune. Dans ce quartier, la famille de M’bemba Diaby affirme avoir vécu la démolition de sa maison dans des circonstances qu’elle juge incompréhensibles.
Selon ses explications, tout aurait commencé lorsqu’il entreprend des travaux sur son terrain. Le chef de quartier se serait présenté et lui aurait demandé une contribution de 300 000 francs guinéens pour les besoins du quartier. Il dit avoir payé cette somme.
Quelques jours plus tard, d’autres personnes interviennent au nom de la commune et lui réclament une nouvelle contribution d’un million de francs guinéens, qu’il affirme également avoir versée.
Par la suite, il est convoqué à la commune de Matoto. Un responsable de l’habitat examine ses documents fonciers et évoque un problème administratif, nécessitant l’établissement d’un plan de masse, avec encore des frais à payer.
Face à la répétition de ces demandes, M’bemba Diaby dit avoir commencé à s’interroger.

Dans sa démarche pour comprendre la situation, il affirme s’être rendu à la Direction de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU).
« J’ai même été voir la DATU pour comprendre la situation, mais ils nous ont clairement signifié que cette zone ne fait pas partie du déguerpissement annoncé par l’État », confie-t-il.
Il ajoute :
« Si des individus peuvent profiter de la situation pour faire du mal aux gens, nous sommes en droit de protester devant les autorités pour que justice soit rendue. »

Le 28 avril, la situation bascule. Des agents accompagnés du chef de quartier et de la police communale se rendent sur les lieux et marquent la maison familiale, occupée notamment par son frère et ses dix enfants.
Le lendemain, il se rend à la mairie pour signaler ce qu’il considère comme une erreur, affirmant que la maison n’est ni sur la route ni dans une zone de dégagement. Un responsable de la police communale est dépêché sur place et reconnaît, après constat, qu’il pourrait s’agir d’une erreur.
Mais malgré cela, la maison est démolie dans la journée.
M’bemba Diaby met en cause le chef de quartier Malan Sané, qu’il présente comme l’un des instigateurs de l’affaire. Il affirme que ce dernier aurait déclaré être « le Mamadi Doumbouya du quartier » et qu’il agirait comme il veut sur le terrain.
Il indique également que la Direction de la police judiciaire (DPJ) aurait ordonné la comparution de plusieurs personnes, mais que celles-ci ne se seraient pas présentées. Selon lui, un mandat aurait été délivré contre le chef de quartier, le président de la délégation spéciale de Gbessia et d’autres personnes citées.
À ce stade, ces éléments n’ont pas été confirmés par les autorités concernées.
Une plainte a été déposée au parquet et transmise à la DPJ. Mais selon le plaignant, le dossier n’évolue pas. Dans nos prochaines dépêches, nous prendrons attache avec les autorités judiciaires pour faire la lumière sur la procédure et recueillir leur version des faits.
« Cela fait trois mois que nous attendons », déplore-t-il.
Il dit garder espoir que la justice fasse la lumière sur cette affaire et situe les responsabilités.
Affaire à suivre.





