Sur le terrain, le général Balla Samoura a supervisé les opérations de réhabilitation et d’assainissement dans des zones où plusieurs commerçantes avaient perdu leurs boutiques et étals. À Enco 5, ce retour progressif à une activité encadrée a redonné un peu de sourire après des jours de détresse. Les commerçants déguerpis ont désormais trouvé un nouvel emplacement pour poursuivre leur activité dans de meilleures conditions.
Pour Ibrahima Koné, Directeur Général du quotidien national Horoya, ces opérations s’inscrivent dans un plan global d’aménagement. L’objectif est de libérer certains espaces afin de les réorganiser et de permettre une réinstallation dans des conditions dignes et sécurisées.
« Conakry doit devenir une ville mieux organisée », insiste-t-il. Selon lui, la capitale est la vitrine du pays et le principal point d’accueil des visiteurs étrangers. L’objectif est de créer un cadre ordonné, capable de soutenir le tourisme, accueillir des événements et projeter une image moderne de la Guinée.
Le DG reconnaît que ces décisions sont difficiles, mais rappelle que l’intérêt de la ville et du pays prime :
« Ces mesures peuvent sembler strictes, mais elles sont nécessaires pour le futur de Conakry et la sécurité de nos commerçantes. »
Face aux critiques sur la méthode, il précise que des campagnes de sensibilisation ont été menées dans plusieurs communes pour informer les occupants avant le début des opérations. Certains restent sceptiques, pensant que les mesures ne seraient pas appliquées. Cette fois, assure-t-il, l’État ira jusqu’au bout.
Sur le terrain, la réalité humaine est lourde. Des femmes en larmes, des marchandises perdues, des étals démolis. Pour beaucoup, la rue n’était pas un choix, mais le seul moyen de nourrir leur famille. Le DG insiste sur la nécessité de concilier fermeté et accompagnement : les espaces libérés permettront à terme des sites de relocalisation plus sûrs et mieux adaptés.
Entre nécessité sociale et ambition d’ordre urbain, Conakry traverse une phase délicate, où l’émotion du moment se mêle à la promesse d’un aménagement durable et réfléchi.
Par Madiba Kaba





