« Je n’étais ni de près ni de loin associé » : l’ancien maire Ismaël Condé se défend après les tensions à Matam

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La commune de Matam a connu hier, 1er avril, des tensions autour de la candidature de Badra koné. Une partie de la jeunesse est descendue dans la rue pour exprimer son désaccord, entraînant affrontements, interpellations et blessés.
Invité de l’émission Parlons Vrai sur IBM Soul TV ce jeudi 2 avril, l’ancien maire Ismaël Condé a tenu à se démarquer clairement : « Je n’étais ni de près ni de loin associé » aux manifestations. Il a expliqué qu’il n’avait rien contre Badra koné, qu’il considère comme un ami et un frère, mais qu’il comprend la frustration de certains jeunes.

Pour lui, cette colère ne vise pas la personne de Badra koné, mais le contexte dans lequel les délégations spéciales ont été appelées à gérer la commune. Ces structures avaient été mises en place pour assurer la continuité des affaires courantes après la fin du mandat des élus de 2018, sans se mêler aux élections. Le fait que certains responsables se présentent aujourd’hui pour les scrutins crée incompréhension et malaise.
Sur le terrain, deux camps se sont rapidement dessinés : d’un côté, des partisans de la candidature mobilisés pour montrer leur soutien ; de l’autre, des jeunes opposés à cette démarche et qui ont voulu se faire entendre.

L’ancien maire qualifie cette situation de « jeu dangereux », notamment parce que la campagne électorale n’a pas encore officiellement commencé.

Il évoque les incidents récents avec gravité : usage de gaz lacrymogène, interpellations et blessés, dont un jeune grièvement touché à l’arme blanche et hospitalisé. Des images et des scènes qu’il juge inquiétantes et contraires au calme qui prévalait lors des derniers scrutins.

Ismaël Condé appelle les autorités à prendre leurs responsabilités et les acteurs politiques à la retenue pour préserver la paix sociale. Selon lui, la jeunesse concernée n’est pas contre la candidature en elle-même, mais refuse de faire campagne pour quelqu’un qu’elle ne soutient pas.

Quant à la candidature de Badra koné, l’ancien maire reste prudent. Il rappelle que les textes permettent aux responsables de délégations spéciales de se présenter à condition de démissionner avant la date limite, mais s’inquiète des délais et du contrôle des rapports de gestion. Toute irrégularité pourrait, selon lui, fragiliser le processus.

Dans ce contexte tendu, Ismaël Condé insiste sur la responsabilité de tous afin d’éviter que la situation ne dégénère. À Matam, le climat reste fragile et chaque acteur est désormais conscient que le moindre dérapage pourrait avoir de lourdes conséquences.

Par Madiba Kaba 

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