Dans une tribune percutante, l’ancien ministre de la Citoyenneté et des Droits de l’Homme appelle le chef de l’État à rester fidèle à ses engagements et à résister aux dérives du pouvoir.
Dans sa tribune au titre évocateur « La Guinée, une pétaudière entre les tragédies silencieuses et les farces tapageuses », l’ancien ministre de la Citoyenneté et des Droits de l’Homme, Khalifa Gassama Diaby, adresse une lettre ouverte d’une rare intensité morale au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya.
Avec un ton à la fois paternel, ferme et lucide, Gassama Diaby exhorte le chef de l’État à résister aux tentations du pouvoir et à rester fidèle à ses engagements initiaux. “Résistez, mon Général, résistez à la tentation du pouvoir, à la démagogie, à l’hybris du pouvoir… Même à vos meilleures intentions pour la Guinée, résistez !”, implore-t-il dans un passage qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.
L’ancien ministre, connu pour son franc-parler et son attachement aux valeurs éthiques, met en garde contre les flatteurs et opportunistes qui, selon lui, ont toujours entouré les dirigeants guinéens. “Certains Guinéens sont vicieux, nos élites en grande partie sont lâches. Ils vous conduiront à la ruine, vous faisant croire qu’ils le font pour vous. Demandez au Pr Alpha Condé !”, lance-t-il sans détour.
Dans ce texte d’une grande profondeur politique, Gassama Diaby invite le président à faire preuve d’humilité et de courage historique :
“La différence entre les personnes ordinaires et extraordinaires se trouve justement là. Ce qui n’est pas facile à faire revient aux personnages exceptionnels.”
Pour lui, la véritable grandeur réside dans le respect de la parole donnée et la fidélité aux engagements pris envers le peuple :
“L’écrasante majorité du peuple de Guinée souhaite que vous respectiez votre engagement. Ils ne vous haïssent pas, ils ne sont pas vos ennemis. Pour une fois, la majorité de ce peuple rêve d’avoir un dirigeant qui respecte sa parole.”
S’il reconnaît que le CNRD a accompli des actions positives, Gassama Diaby regrette le détournement de la mission initiale de la transition, rappelant que le rôle du Comité n’était pas de gouverner dans la durée, mais de garantir un retour à la démocratie et à l’État de droit.
La lettre se termine sur une réflexion d’ordre moral et collectif, élargissant la responsabilité du mal guinéen à l’ensemble de la société :
“Le mal guinéen ne saurait se résumer aux manquements de nos dirigeants et de nos élites. Ce mal est si profond qu’il convient de se demander si ce peuple n’est pas aussi complice de ses propres malheurs.”
Dans un pays en proie à de multiples tensions, la voix de Khalifa Gassama Diaby résonne une fois encore comme celle d’une conscience nationale, appelant à la retenue, à la vérité et à la dignité politique.
Par Adama Dian Bah





