Le chef de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, a réagi avec force à la décision de Mamadi Doumbouya de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Dans un discours à la nation ce samedi, le leader de l’UFDG a qualifié cet acte de « haute trahison » et de « coup d’État » supplémentaire.
Selon lui, le président de la transition revient sur une promesse solennelle faite devant la Cour suprême de ne jamais briguer la présidence à l’issue de la transition. « Celui qui avait juré devant Dieu et devant le peuple est revenu sur sa parole », a dénoncé Cellou Dalein, parlant de « parjure » et de mépris de la « parole d’officier ».
L’opposant a également dressé un bilan sévère du régime du CNRD, accusé de gouverner par la peur et de s’appuyer sur « un groupe de prédateurs et un clan mafieux ». Il a évoqué « dizaines d’assassinats ciblés », « enlèvements nocturnes suivis de torture », « emprisonnements arbitraires » et « morts suspectes » de civils et de militaires, qualifiant le pouvoir de « dictature féroce et impitoyable ».
Face à cette situation, Cellou Dalein Diallo a appelé les Guinéens à s’unir « au-delà des partis et des communautés régionales » pour organiser la résistance. « Nous ne plierons pas, nous ne reculerons pas, nous ne céderons pas », a-t-il affirmé, promettant de défendre la liberté, la démocratie et la justice par tous les moyens.
Le discours s’est terminé sur un message d’espoir : « Soyons convaincus que la Guinée ne perdra pas son combat pour la démocratie et les libertés », a-t-il déclaré, avant de conclure par un vibrant « Vive la République, vive le peuple de Guinée, libre et souverain ».
Cette intervention marque un durcissement dans le face-à-face entre la junte au pouvoir et l’opposition, laissant entrevoir de possibles tensions politiques accrues dans le pays.
Par Ibrahima Sory Touré





