Édito : Une élection sous zones d’ombre : où est donc passé le code électoral ?

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Il se passe actuellement quelque chose d’inexplicable, voire d’inquiétant, dans le processus électoral prévu pour le 28 décembre prochain.
La Direction Générale des Élections (DGE) a publié récemment un communiqué invitant les partis politiques et les candidats indépendants à faire parvenir une lettre de candidature sous serment, et à désigner un représentant dans les deux commissions prévues : la commission financière et celle de réception et validation des parrainages.
Jusqu’ici, rien d’anormal, sauf que la DGE fonde cette procédure sur les articles 249, 250, 275, 276 et 341 du code électoral.

Mais la question cruciale demeure : de quel code électoral s’agit-il ?
Car à ce jour, aucun candidat, aucun parti politique, ni même aucun mandataire n’a reçu le document officiel censé régir cette élection et nous sommes à moins de deux mois du scrutin présidentiel.

Le samedi dernier, plusieurs mandataires ont été convoqués à la DGE pour participer aux travaux de ces commissions. Après l’installation du président de la commission financière, M. Bah, par la Directrice générale, ce dernier a rappelé que leur mission portait sur la détermination de la caution électorale et du plafond du budget de campagne, conformément, encore une fois, à ce fameux code électoral introuvable.
Les travaux ont débuté le 11 et devraient s’achever le 18, mais une question hante tous les participants :
Comment peut-on travailler sans disposer du texte de référence censé encadrer les décisions ?

Cette situation soulève plusieurs zones d’ombre.
Est-ce une simple négligence administrative, ou bien une stratégie délibérée visant à maintenir les acteurs politiques dans l’incertitude, limitant ainsi leur capacité d’anticipation et de préparation ?
Dans tous les cas, le flou juridique qui entoure cette élection n’augure rien de rassurant.

Un code électoral est la boussole d’un processus démocratique. Il fixe les règles du jeu, définit les conditions de candidature, les mécanismes de contrôle et les droits des acteurs.
En priver les candidats à quelques semaines du scrutin, c’est affaiblir la transparence et la crédibilité du processus.

Il est donc impératif que la DGE publie sans délai le code électoral afin que les candidats, leurs représentants et l’opinion nationale puissent en prendre connaissance.
Sans cet outil essentiel, tout le processus risque d’être perçu comme biaisé ou préparé d’avance, au détriment de l’équité démocratique.

Aux candidats, il faut le dire clairement :
La vigilance est de mise.
Car une élection ne se joue pas seulement dans les urnes, mais aussi dans les textes qui la gouvernent.

Par Fodé Amar Soumah

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