« Il n’y a pas de problème ethnique en Guinée, il y a un problème d’incompétence » : Dr Bano Barry remet les pendules à l’heure

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 Chez nos confrères de Africa Guinée, Dr Bano Barry, professeur d’université et ancien ministre, a livré une analyse sans détour sur la question ethnique en Guinée. Selon lui, le véritable problème du pays ne réside pas dans les différences communautaires, mais dans l’incompétence et l’opportunisme de certains acteurs politiques et économiques qui instrumentalisent ces divisions à des fins personnelles ou électorales.

« Si on vous dit qu’il n’y a pas quelques Guinéens qui ont un sentiment ethnocentrique, c’est faux. Mais si on vous dit que c’est la majorité, ce n’est pas vrai », a-t-il expliqué, rappelant que la Guinée compte parmi les pays d’Afrique subsaharienne où les mariages interethniques sont les plus fréquents et où les liens sociaux dépassent largement les appartenances communautaires.

Pour illustrer ses propos, Dr Barry a raconté une scène personnelle :

« Un jour, un monsieur est venu me voir pour me dire que sa femme est du même groupe que moi. Quand elle parlait en français, je l’ai vu lui faire signe de me parler en pular. En fait, il me prenait pour un con. »

Il dénonce ainsi l’instrumentalisation identitaire comme un outil politique ou économique :

« Ces acteurs n’ont pas de projet. Ils utilisent l’appartenance ethnique, comme d’autres utilisent le sexe ou l’âge, pour accéder à des fonctions. »

L’ancien ministre a également critiqué l’usage de la jeunesse comme argument pour obtenir des postes, sans compétence réelle :

« Un jeune sort, il n’a pas de compétence, mais il crie : ‘Ah la jeunesse !’ Comme si être jeune suffisait pour diriger. »

Dr Barry a pointé le rôle amplificateur des réseaux sociaux dans la propagation de ces divisions artificielles, notamment lors des élections présidentielles :

« Lorsqu’il y a élection présidentielle, au premier tour on n’entend jamais parler d’ethnie. C’est au second tour que ça commence. On manipule, on jette des pierres ici et là, et les réseaux sociaux amplifient. »

Pour conclure, il a résumé sa pensée avec force :

« Il n’y a pas de problème ethnique en Guinée. Il y a des problèmes d’incompétence de certains qui veulent accéder à la richesse de l’État sans avoir la qualité nécessaire pour y accéder. Tout le reste, c’est du bruit. »

Avec cette sortie, Dr Bano Barry appelle à un débat politique basé sur les idées, la compétence et la vision, loin des clivages identitaires qui freinent l’unité nationale.

Par Adama Dian Bah

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